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La Trève de Nice

Les enjeux


En 1536, la possession du Milanais est au cœur de la rivalité entre François Ier et Charles-Quint (ci-contre). Ce sont les Guerres d'Italie. En décembre 1537, le pape Paul III, offrit sa médiation pour résoudre le conflit opposant le roi de France et l'empereur ; il fut convenu que la rencontre aurait lieu à Nice. François Ier et Charles-Quint, animés d'un vif sentiment de défiance, se mirent lentement en route au printemps. L' Empereur arriva le premier : sa flotte de 28 galères mouilla en rade de Villefranche  le 9 mai 1538. Paul III arriva à Nice le 16 mai à bord d'une galère impériale mais les Niçois, à l'instigation du Duc de Savoie, refusèrent de l'accueillir. Finalement, il s'établit hors la ville au Couvent Sainte-Croix. François Ier, après s'être longuement attardé en Dauphiné, chemina vers le Château de Villeneuve où il arriva le 31 mai.

Les entrevues

C'est le 31 mai qu'eut lieu la première entrevue entre le connétable et le pape Paul III (ci-contre); le lendemain, Anne de Montmorency rencontra Charles-Quint et le 2 juin le roi rencontra personnellement le pape. Les jours suivants les rencontres bipartites se multiplièrent. Faute d'accord global, les négociations se conclurent par une trêve de 10 ans au terme desquels les différentes parties espéraient parvenir à un accord définitif. Publiée dans toutes les provinces, la trêve sonna comme une véritable paix pour les sujets du royaume et, le 5 juillet, le Parlement organisa à Paris une procession d'action de grâces. Charles-Quint et François Ier se rencontrèrent les 14 et 15 juillet à Aigues-Mortes. Ils jetèrent les bases d'un arrangement futur. Fin 1539, la réconciliation entre les beaux-frères ennemis conduisit Charles-Quint sur les routes du royaume de France pour un voyage triomphal.

Les négociations

Arrivé à Villeneuve le 31 mai, François Ier rencontra une première fois le Pape le 2 juin dans une tente aménagée au cœur du Vallon de Magnan (aujourd'hui Rue du Congrès). Deux autres entrevues suivront le 13 (au moulin du Var) et le 17 juin alors que le pape rencontra Charles-Quint par deux fois à Lympia. En marge des négociations officielles, les femmes prirent part aux discussions. La reine Eléonore (ci-contre), sœur de Charles-Quint et sa fille la princesse Marguerite se rendirent au couvent franciscain de Nice le 8 juin pour rencontrer le pape. Le 11 juin, elles rejoignirent la rade de Villefranche avec une escadre de 17 galères pour visiter l'empereur et favoriser la réconciliation entre les souverains. Au final, le texte définitif du compromis fut arrêté par les ambassadeurs : François 1er gardait ses conquêtes (la Bresse, le Bugey et les deux tiers du Piémont) et Charles-Quint devenait maître de la totalité du Milanais et des deux tiers du duché de Savoie alors qu'une trêve de dix ans était décrétée entre les deux parties.

Texte original de la Trève de Nice

"On faict scavoir à tous, que trefve généralle, communicative et marchande est faicte et passée entre le roy et l'empereur, tant par mer, que par terre et eaue doulce, tant en Ponant que en Levant, en tous leurs royaumes, païs, terres, seigneuries et endroictz de leur obéissance, et tant en deçà que delà les monts, pour le temps de dix ans entiers ensuyvans et consécutifz, à compter du XVIIIe de ce présent mois de juing ; laquelle ledict seigneur roy veult, entend et ordonne estre observée et entretenue inviollablement, et que tout y contrevenans soient pugniz et corrigez comme s'ils estoient infracteurs de paix et s'en fera la pugnition des délinquans telle qu'elle servira d'exemple à tous aultres. Et par ce moien, le roy veult et permect que traicte généralle de toutes marchandises non prohibées et deffendues soit ouverte et aict cours comme auparavant les guerres encommancées."

Faict à Villeneufve, le XVIIe jour de juing mil Ve XXXVIII.
" Signé : FRANCOIS "